Compte-rendu 2ème table ronde du vendredi 9 octobre

« Transformation durable de la ville et évolution des modes de déplacement »


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Les invités de la 2ème table ronde du congrès ont cherché à cerner ce que pourrait être la ville demain : plus dense, plus conviviale, plus écologique, et peut-être un peu moins mobile. Mais reconcentrer la ville sur la ville va exiger des moyens, et une volonté politique très forte…

Renouveau du tramway, percée fulgurante des Vélo’v et autres Véli’b, arrivée des péages urbains, émergence en Europe d’éco-quartiers « dévoiturisés »… Les modes de déplacement urbains sont en pleine révolution. Pour évoquer ce phénomène , la deuxième table ronde du congrès, sur le thème « transformation durable de la ville et évolution des modes de déplacement » a invité , autour de l’animateur Dider Adès, Brigitte Barriol architecte-urbaniste directrice de l’agence d’urbanisme stéphanoise EPURES, Serge Brugière patron du service architecture-urbanisme et aménagement de Saint-Etienne, Jean-luc Kolb, architecte-urbaniste de la ville de Lausanne (Suisse), Stephan Muzika directeur de l’agence foncière EPORA, et Bernard Rivalta vice-président de la communauté urbaine du Grand Lyon et président du Sytral (transports en commun lyonnais).

Premier constat , la mobilité est une combinaison d’espace, de temps et de coût, et c’est l’arbitrage temps/vitesse qui donne le choix entre les divers modes de déplacement. En revanche la mobilité a peu évolué en 40 ans : les Français y consacrent toujours grosso modo une heure par jour, mais ils vont beaucoup plus loin dans leurs déplacements. Quand au coût de la mobilité, en voiture notamment, il aurait plutôt baissé en 40 ans, contrairement aux idées reçues.

Modèles de la ville rhénane et des éco-quartiers

Ces préalables posés, surgissent aujourd’hui des facteurs nouveaux - coût croissant de l’énergie et enjeux de changement climatique - qui vont obliger à revoir toute notre stratégie de mobilité.

Le XX° siècle a fait exploser la ville , mais on ne peut plus continuer à miser sur la seule augmentation de la mobilité pour disséminer à l’infini des activités monofonctionnelles sur les territoires.

Pour ne plus aller chercher la qualité de vie de plus en plus loin hors de la ville, et pour que les gens reviennent au cœur des cités, il va falloir rendre à la ville une vraie qualité de vie, faite d’espaces adaptés, de services, de commerces, d’animation…Y compris le week-end quand trois-quart des citadins fuient les centres urbains où plus rien ne se passe !

Mais régler la question d’une « mobilité urbaine durable » ne dépend pas que de la seule décision publique : il faut mobiliser tous les acteurs, ménages, entreprises, techniciens, et travailler urbanisme et transports de manière complètement intégrée.

Existe-t-il des modèles pour inspirer les villes françaises de demain ? Oui, par exemple ce que l’on nomme la « ville rhénane », en Allemagne, qui intègre fortement le ferroviaire à l’urbanisme et appuie son fonctionnement sur les gares et les étoiles ferroviaires. Ou les « éco-quartiers » proposant au citadin une façon d’habiter confortable, conviviale et économe.

La ville éco-système de l’homme

Avec effet immédiat sur la densification de la ville et la mobilité. Les exemples urbains allemands, scandinaves ou suisses, fondés tout à la fois sur la densité, la mixité, l’écologie et la durabilité le montrent bien : l’éco-système de l’homme aujourd’hui, et encore plus demain, c’est la ville, pas le péri-urbain. Il est temps d’arrêter de vendre au citadin le rêve de la « petite maison dans la prairie » qui risque très vite de virer au cauchemar.

L’outil foncier, tel que le manie EPORA (Etablissement public pour l’Ouest Rhône-Alpes, créé à la fin des années soixante-dix) , est un des leviers efficaces pour limiter cet étalement urbain et reconstruire la ville sur la ville : on requalifie des espaces laissés en déshérence par la crise industrielle, et on les prépare pour l’accueil de nouvelles activités et de nouveaux habitants. Comme le nouveau quartier d’affaire de Chateaucreux, à Saint-Etienne, qui émerge sur d’anciennes friches. Mais le jeu naturel du foncier ne va pas forcément spontanément dans le sens d’une reconquête d’un foncier cher, pollué et encombré. C’est un défi, qui exige des moyens, et surtout une volonté politique extrèmement forte.

Reste un constat, et une question laissée sans réponse à l’issue de la table ronde : le temps du « faire la ville » est toujours un temps lent et long, étalé souvent sur dix ou quinze années. Le citoyen-électeur du XXI° siècle, habitués à l’urgence et à l’immédiateté médiatique , saura-t-il accepter la patience - ou la sagesse - de ce rythme ?

 
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